L’Homme du hasard

Avec Jo Deseure et Christian Crahay

Au répertoire

Un homme et une femme dans un train, la soixantaine. Chacun en soi-même. Lui, il ressasse. Elle pense connaître cet écrivain, elle a tant aimé ses livres. Et si elle sortait de son sac L’Homme du hasard, son dernier roman, l’aborderait-il?

Un masculin-féminin qui vous fond en bouche comme une tablette de "noir de noir", parfumée à l’humeur du jour - Christian Jade, RTBF

Un homme et une femme sont assis l’un en face de l’autre dans un train entre Paris et Francfort. Ils ne se parlent pas, ils pensent. Elle l’observe car elle l’a reconnu. Lui ressasse en lui-même, son prochain roman, la critique imbécile, les femmes qu’il a connues, sa fille qui va se marier. Elle est seule dans la vie, elle a aimé les livres de cet homme à défaut d’avoir aimé tout court. Et s’il n’était pas trop tard? Comment entrer en contact avec lui? Que dire? Que faire?

Les âmes s’observent, puis iront bientôt à la rencontre l’une de l’autre, jusqu’à ce qu’enfin corps et âmes décident de se parler, une conversation banale au début, mais qui va révéler le chemin parcouru : «On se fabrique soi-même, on forge la matière qu’on donne au hasard», et finalement provoquer l’étincelle.

GENÈSE 

Pour parler de ce qui l’entoure, Yasmina Reza parle de ce que ça lui fait. Avec précision et clairvoyance. Ses textes sont donc son rapport au monde et cela les imprègne de son humanité. Cette démarche est aussi la nôtre quand nous répétons avec les acteurs. Dès le départ donc, nous sommes sur la même longueur d’onde.

Ensuite, il y a le défi (c’est idiot!) de vouloir monter une pièce où les personnages sont assis, ne bougeront pas et parleront à peine. Même si Reza nous offre d’entendre leurs pensées les plus intimes!

Enfin et surtout, c’est l’histoire d’une rencontre, une rencontre qui sauve littéralement cet homme et cette femme de la mort, une mort de l’intérieur de soi, de ce qu’il y a de plus vivant en soi.

Ce projet est aussi le résultat de l’envie de longue date de travailler avec Jo Deseure et Christian Crahay qui comptent parmi nos plus grands comédiens de théâtre en Belgique.

MISE EN SCÈNE ET SCÉNOGRAPHIE

«Pour faire entendre les pensées des personnages, j’imagine séparer les corps de leur âme : les corps seront assis sur les banquettes du compartiment de train tout au long du trajet, tandis que les âmes seront libres d’aller et venir, de virevolter, de glisser, de se lover, d’habiter l’espace autour du compartiment. Cet espace sera celui des pensées, des souvenirs, des émotions des personnages, tandis que le compartiment de train contiendra les corps, vivants, mais peu mobiles et qui ne se parleront que très peu. Plus précisément, les âmes seront les acteurs, libres de leurs mouvements, pensant à voix haute et s’adressant même l’un à l’autre, tandis que les corps, un peu raides, seront des marionnettes grandeur nature, silencieuses devant le paysage qui défile ; leur visage sera moulé sur celui des comédiens. On les verra au travers de la vitre du compartiment, comme si on regardait le train passer.

Parfois les âmes viendront se poser devant la vitre, comme si elles étaient le reflet de ces corps-marionnettes. Mais quand les personnages décideront d’enfin se parler, nous basculerons à l’intérieur du compartiment et nous assisterons à leur rencontre corps et âme.

Les pensées seront rythmées par des moments de noir, passage dans de courts tunnels, ou moments suspendus, que viendra souligner la bande son.» 

Bruno Emsens - metteur en scène


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