L'Aide-mémoire

de Jean-Claude Carrière - avec Florence Hebbelynck et Michel Scotto di Carlo

« Un couple, c’est un plus un, et c’est autre chose » - JC Carrière.
Elle débarque donc chez Lui à la recherche d’un autre homme. Lui par contre « les » collectionne, mais ne veut pas d’Elle, là à ce moment-là. C'est souvent comme cela que les choses commencent…

C’est que Jean-Claude Carrière a construit une jolie mécanique théâtrale pour deux acteurs sachant jouer la nuance, ce qui est le cas de Florence Hebbelynck et Michel Scotto Di Carlo, l’une bien connue chez nous l’autre importé de Paris. Sans jamais s’écraser l’un l’autre ils parviennent à nous convaincre, sans l’ombre d’un excès de voix, de la réalité de leur histoire invraisemblable - Christian Jade - RTBF.be

Avec finesse, il s’empare du texte de Jean-Claude Carrière pour en tirer subtilement un engrenage amoureux aussi improbable que pétillant. Florence Hebbelynck et Michel Scotto Di Carlo nous emportent avec brio dans ce ping-pong où l’on ne cesse de s’identifier à l’un ou à l’autre tant leur jeu sonne vrai - Muriel Hublet, Plaisir d'offrir

Il est organisé, ponctuel et méticuleux. Elle est insaisissable, inconstante, et totalement imprévisible. Soit.

Mais, plus étrangement, Il ne s’attache jamais à ses conquêtes, il les consigne plutôt dans son volumineux aide-mémoire. Et Elle, elle s’incruste chez lui comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Ce sont leur « partie émergée de l’iceberg » à chacun. Deux êtres au bord du gouffre qui vivent comme si de rien n’était.

Pourtant il leur reste à chacun assez de vie pour que la rencontre ait lieu malgré tout, malgré la situation, malgré leurs différences irréconciliables, peut-être parce qu’ils ont l’intuition diffuse que l’enjeu est de taille, que leur survie en dépend.

La pièce explore les possibilités pour ces deux-là de changer quelque peu leur situation. « Nous changeons tous sous le regard des autres, dit Jean-Claude Carrière. Un homme (j’en suis un) n’est pas le même selon qu’il regarde cette femme-ci, qu’il connaît, ou celle-là, qu’il rencontre à peine. Il se transforme à chaque instant, et il le sent, et nous le sentons avec lui, si nous sommes quelque peu attentifs. »

Du coup, ce qu’on regarde c’est si telle ou telle rencontre de notre vie peut - ou a pu - nous sauver un petit peu, ne fût-ce que momentanément.

Et chacun en tirera ses propres conclusions.

MISE EN SCÈNE

« L’aide-mémoire m’a intrigué dès la première lecture. Il est de ces textes qui vous parlent sans qu’on sache vraiment à quoi ils touchent. On a l’intuition de quelque chose de personnel et d’universel à la fois, de quelque chose de juste mais aussi d’étrange, quelque chose que la raison a du mal à appréhender.

C’est précisément ce qui m’intéresse dans cette forme de théâtre que j’explore, on peut y aborder les choses sans les conceptualiser. En un mot, il s’agit de vivre des expériences humaines plutôt que de les penser. Et c’est le travail que nous faisons avec les acteurs en répétition, de sorte que, au fil du temps, ces expériences accumulées forment le tissu de leur interprétation des personnages. Suzanne et Jean-Jacques prennent vie petit à petit comme un entrelacement de la vie réelle des acteurs au moment de la représentation et du vécu accumulé des répétitions.

Bien sûr, il s’agit d’un homme et d’une femme, de l’Homme et de la Femme, de leurs différences irréconciliables, mais aussi de leur inexorable attirance l’un pour l’autre et de l’inévitable peur qui les étreint, inhérente à toute vraie rencontre.

Avec Vincent Bresmal, nous avons imaginé placer le public dans cet appartement de Jean-Jacques, le long des murs de part et d’autre pour qu’il puisse à son tour vivre cette expérience à travers le texte de Jean-Claude Carrière et le jeu des acteurs, tout proches. Dès que le public pénètre dans le théâtre, il sent sous ses pieds la moquette de l’appartement, la lumière du petit matin, il devine qu’un homme dort dans le lit, là tout près. Ce qui va se passer ici est forcément intime, peut-être un peu inquiétant, mais aussi formidablement vivant.»

Bruno Emsens - metteur en scène


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