Saison 16/17

Edito

Les événements de cette année nous ont touchés dans notre intimité, tragiquement pour certains. J'ai senti le besoin de nous rapprocher, particulièrement au lendemain des attentats de Paris où nous avons joué, seuls à Bruxelles, "L'homme du hasard" : il y avait dans la salle ce soir-là une atmosphère particulière, comme si nous étions tous d'une même famille. D'où ma conviction renforcée que l'exploration de l'intime est nécessaire, d'autant plus que le monde extérieur se complexifie au point, parfois, de mettre en doute ces points de référence que sont nos convictions et nos valeurs...

La compagnie, en tout cas, ne se laisse pas abattre : mon exploration attentive de l'humain d'aujourd'hui (et de toujours) se teinte d'un frémissement sous-jacent, celui de l'amour, qui nous donne des ailes, qui nous fait rêver ou qui nous déchire.

Juste après notre présence au Festival de Spa avec "L'homme du hasard" et la remise des Prix de la Critique où l'on croise les doigts pour Catherine Salée (nominée meilleure comédienne pour "Trois ruptures"), Julie Duroisin et Nicolas Luçon nous plongeront dans l'univers aliénant du travail avec "Les dactylos" et "Le tigre" de M. Schisgal, un diptyque décalé et décapant, avec final inattendu en forme de cœur.

Ensuite, l'Atelier théâtral Jean Vilar accueillera "L'homme du hasard" au Blocry pour une reprise de deux semaines.

Mais nous voici déjà à l'orée de l'été qu'on espère enfin ensoleillé et reposant.

On peut rêver.

Il faut même.

Bruno Emsens